Accueil Généralisations Raz de bibliothèques
Le bonheur dans la poussière
 

J’ai beaucoup fréquenté, par agrément, puis pour des raisons, disons, professionnelles, les bibliothèques. Je trouve qu’on ne travaille pas de la même façon selon les lieux, mais quelles qu’elles soient, il se trouve que les bibliothèques sont souvent des lieux où je me sens chez moi. Je pourrais en parler dans l’ordre où les souvenirs les plus marquants apparaissent, ou par ordre chronologique, ou encore par classement géographique.

Je choisis de mélanger un peu tout ça…

La Bibliothèque Forney
C’est une bibliothèque municipale parisienne. Rien d’extraordinaire a priori, sauf que la salle de lecture est située dans un hôtel particulier Renaissance et qu’on accède aux collections d’art en passant par un minuscule escalier étroit aux marches usées, sculpté dans du marbre et qu’un angelot renaissant vous regarde.
Mais c’est aussi une bibliothèque municipale, avec, comme dans la plupart des bâtiments publics, ce qui en soi, n’est pas gravissime, mais le devient quand les dits services sont installés dans un bâtiment historique, son lot d’aménagements malheureux : barrières antivol en plastique défigurant le perron, toilettes indignes, lino recouvrant le marbre…
Il se trouve également que c’est dans cette bibliothèque que j’ai vu la plus grande densité de gens désagréables : bibliothécaires qui vous hurlent dessus car vous n’êtes pas assis à la place assignée, et femmes d’âge moyen vous toisant du regard et vous jetant des regards plus que désapprobateurs dès que vous remuez une feuille de papier.
Parce qu’elle héberge initialement les collections d’art décoratif, et qu’elle est située à la lisière du marais « artiste » et « branché », cette bibliothèque voit affluer bon nombre de femmes en formation aux métiers d’arts : verre, tissu, métal…
Un cadre exceptionnel, un espace de lecture peu connu, toujours de la place, des collections correctes : mais comment cette bibliothèque peut-elle être aussi désespérante ?

La Bibliothèque du centre culturel tchèque
Rue de Seine, au milieu des galeries d’art et des boutiques minimalistes hors de prix, il existe un petit bijou de bibliothèque. Elle est située dans le centre culturel tchèque, juste au-dessus de la salle de concert. Certes, il faut aimer les revues sur l’Europe centrale et les vieux romans tchèques non traduits dans des reliures colorées façon années 1960.
Le personnel est charmant. On trouve tout ce qu’il y a de trouvable facilement, c’est petit et convivial.
Mais le clou du spectacle, c’est qu’il y a souvent des concerts dans ce centre culturel, et que la bibliothèque est située juste au dessus de la salle de concert où les musiciens répètent pendant la journée. On peut même se pencher au balcon pour mieux les écouter…
Il n’y a évidemment personne…

La Bibliothèque centrale de NYU à Washington Square (New York)
Ma première bibliothèque ouverte toute la nuit. Immense, avec pleins de livres que l’on a envie de lire, des magazines, une cafétéria, de gros fauteuils confortables, des salles isolées de travail de groupe. Le tout au coeur du quartier génial de Washington Square.
Ce fut souvent mon point de chute lors de mes expéditions nocturnes new yorkaises. Un lieu très apprécié en hiver, surtout après 3h du matin…

La National Library à New York
Je n’y suis allée qu’une fois et j’étais très impressionnée d’aller travailler là-bas. Je pensais à Cendrars qui adorait cette bibliothèque. Le bâtiment est impressionnant, à l’image de la légende intellectuelle de New York…
La bibliothèque est agréable, bien équipée et vraiment publique : personne ne vous demande rien…
Je n’y suis pas retournée car j’y ai attrapé la crève entre le chauffage extrême et les courants d’air. Pour l’anecdote, j’y ai vu un noir avec une kippa, ce qui a fait dire à la personne qui m’accompagnait, très admirative : « On voit vraiment de tout à New York »…

La Bibliothèque de Beaubourg
Ce fut longtemps le cauchemar de mes années d’étude car c’était alors la seule biblithèque ouverte le dimanche : il fallait arriver avant l’ouverture vers 11h30, ou faire la queue une bonne partie de l’après-midi pour espérer y entrer avant 18h. Le tout en hiver avec une recherche urgente à finir pour lundi 8h. J’ai lu un bon nombre de romans en y faisant la queue le dimanche après-midi…
En semaine, c’est une bibliothèque géniale, l’une des plus agréables que je connaisse, avec des bibliothécaires gentils et même drôles, ce qui est rare, un superbe espace fumeur sur la terrasse et une vraie mixité… Beaucoup de clochards en hiver. J’ai même vu des mecs commencer à se battre au couteau au beau milieu de la salle de lecture.
Je me souviens de l’odeur de vomi dans les toilettes le dimanche.
C’est aussi un grand lieu de drague. Un jour, un mec m’a abordée en me demandant d’un ton mielleux où j’avais acheté mon sandwich car il avait l’air fort bon.
C’est maintenant de loin ma bibliothèque préférée. Un vrai refuge : elle n’est fermée qu’une fois par an : le 1er mai. Les horaires sont parfaits pour moi : ouverture à 11h ou 12h, comme ça, on n’a pas mauvaise conscience de ne pas arriver plus tôt, fermeture à 22h. Impeccable pour enchaîner sur un ciné…
On trouve toujours ce qu’on cherche et on tombe toujours sur quelque chose qu’on ne cherchait pas. On passerait des heures à fureter dans les rayons…

A suivre

Bibliothèque Sainte-Geneviève

Bibliothèque municipale de Clermont

Bibliothèque Richelieu

Bibliothèque de Pise

Bibliothèque universitaire Lafayette

Bibliothèque d’Henri IV

Bibliothèque Baudoyer

CDI du lycée Blaise Pascal

BNF, Tolbiac

Biblio Ulm

Biblio de la Sorbonne

Centre Michelet

Biblio de Bruxelles

Bibliothèque de Berne

Ina

Bibliothèque de Rutgers University

Bibliothèque musicale de Paris

Bibliothèque de la MEP

Bibliothèque Sainte Croix de l’Abbaye aux Sables d’Olonne

Bibliothèque du centre Serpente

Bibliothèque Mouffetard

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