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Matins Méchants de Mai
 

A Stendhal…



Se forcer à écrire tous les matins pendant un mois :
Limites de l’écriture à contraintes
Contraintes de l’écriture limitée

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1er mai : premier de la série les matins méchants de mai. M comme manifestation sous le soleil. Le vrai été parisien, avec la démarche nonchalante qu’impose la chaleur : un pas lourd qui se mélange à l’allure décontractée que donne la promenade des jours fériés : l’air de prendre son temps.

Rien de spécial à reprocher aux gens : ils ont l’air peace. Pas de quoi être méchant sinon contre moi-même qui ne me suis pas réveillée. Un faux matin : il est déjà 14h. L’impression d’avoir perdu sa journée. Impression méchante car fausse : en fait il y a suffisamment d’heures jusqu’au coucher si je continue à me coucher à 4h du matin, mais l’impression d’avoir laissé passer les meilleures heures, les heures les plus propices au travail. Impression qu’il va tout falloir faire très vite

MMM2

Marteaux piqueurs et martins pêcheurs. A moins que ce ne soit des piverts, ceux avec des petits marteaux en guise de bec qui tape le mur. Massage des pieds en prime, à travers les lattes du plancher. Cela fait plusieurs mois qu’il y a ce trou en bas de chez moi, des travaux en cours pour les canalisations. Ce pourrait bien être fini aujourd’hui. Dire qu’il y en a qui croient dans cette ville que certains travaux sont faux, qu’on dresse des palissades de chantier partout dans la ville, exprès pour embêter les automobilistes, comme des décors de théâtre ou comme la ville fantôme érigée pour le voyage de Catherine II dans la Russie miséreuse…

Un complot, la fameuse tendance de l’esprit humain à se croire victime de ce qu’on lui cache, et à voir sa vie quotidienne sous l’angle d’un grand tout mal intentionné.

MMM3

Plus vraiment le matin, mais sortie de douche créant l’impression du matin. Métamorphose : mot nocturne et mot de la nuit :

Un débat présidentiel dont on pense ce qu’on veut, spontanément. On va se coucher en s’étant créé sa propre opinion, puis au réveil, le matin, des commentaires qui n’ont rien à voir avec ce qu’on a entendu. Doute… Doute sur soi d’abord, peut-être qu’on a raté des choses, qu’on n’a pas vu à partir de quel moment les grands enjeux ont été abordés…

Matraquage médiatique ambiant. étrange impression, presque de plaisir, de voir à la télé une énarque et un brillant avocat bégayer, tiquer du visage, bref avoir peur devant 20 millions de spectateurs. Peut-être est-ce la raison du succès d’audience de ce genre de rencontres. L’arène…

MMM4

Mécanique : clope café. Goût de la première clope

Mal de tête

Mutisme du matin.

Une chose méchante ? la parenthèse tahiti s’est refermée sur Paris : presque surprise au réveil de découvrir le ciel de nouveau gris et la pluie. Changement de tenue.

Encore une ? Fin de campagne électorale. On commence même à parler d’exil politique… Plus trop d’espoir donc… Une autre chose méchante en M ? la maladie du moi ? Il me faut des personnages…

MMM5

Elle s’appelle Michelle et est abonnée à Meetic depuis plus d’un an. Célibataire ? Pas du tout, Michelle a déjà quelques amants à sa disposition. Alors, quelle est la raison de ses rendez-vous sur Meetic ?

Elle fait défiler les profils d’éventuels partenaires masculins et crée des jeux de rôle, fait des paires, des groupes, peaufine un calendrier. Michelle ne contacte jamais ses découvertes, elle se contente de les réunir dans un petit dossier informatique : l’un remplace l’autre quand il convient mieux au plan sexuel qu’elle monte. Michelle imagine et fantasme avec Meetic.

MMM6

Faux matin encore. Il est 23h… presque plus le 6 mai. 6, 07 Une élection déjà quasi perdue. Une ballade à la campagne, épique : Koh Lanta loin du monde !

Un matin sans ordi, sans électricité et sans eau courante, un matin au sommet d’une montagne : une bonne excuse pour pas n’avoir écrit, en somme, un esprit qui tourne plus vite le soir. Le difficile exercice d’écrire le matin !

MMM 7

M comme mycose, mucovicidose, mononucléose, mixomatose, moléculaire, maladitissime, microbienpasbien…

La méchanceté de la maladie en somme. Pas les peurs de santé, les maladies, celles sur lesquelles on met un nom, comme une punition, celle qui devient compagnon de route jusqu’à la fin de la vie, celle contre laquelle on ne peut rien, sinon essayer de mieux la connaître. Toute une vie pour faire connaissance…

MMM 8

Ce matin, Mirouse était dans le bus OpenTour : le gros bus jaune à deux étages pour les touristes à Paris.

Ce qui me donne l’occasion de faire son portrait :

Les joues affaissées et la peau mate, Mirouse tirait, sous ses rides, une fierté sans arrogance de ce qui fut son visage. Des lèvres charnues dessinaient une fente sensuelle et quasi sexuelle au milieu d’une peau rugueuse et mal rasée de texture et de couleur indéfinie. Ses yeux endormis pouvaient laisser croire à de la lassitude alors qu’il ne s’agissait que de mépris, forme de détachement que donne la vieillesse quand elle n’est pas sage. D’épais sourcils en mouvement autant que broussailleux pouvaient aider à comprendre que Mirouse était vivant. L’habitude de porter un chapeau à larges bords pour ombrager ses yeux et ses rides lui donnait l’apparence d’un demi-visage. Les os de la mâchoire se contractaient parfois en un mouvement de colère et sa façon de déglutir rappelaient celle des chats qui se tiennent immobiles avant d’attaquer au moment de la chasse, tentant de s’immobiliser de toute leur volonté et dont les mouvements des mâchoires trahissaient la vie et la concentration, erreur du monde animal, immuable depuis l’arrivée des chats sur terre, erreur réitérée par Mirouse depuis sa propre arrivée sur terre il y a 51 ans.

MMM 9

Morose metro Pourquoi tout le monde se plaint de la solitude, la tristesse et la monotonie du metro ? Alors que les mêmes sont les premiers à défendre l’anonymat et l’impersonnalité du métro, un sourire coquin aux lèvres.

MMM10

Mini maximes du matin :
graine qui prend est toujours autre que graine semée
la réparation des victimes est toujours une réparation symbolique
qui n’a ni fil ni aiguille chez lui n’est pas fait pour vivre seul
la sociabilité est louée quand elle est naturelle, critiquée quand elle ne l’est pas
l’intérêt pour la politique ne s’exprime pas par le pourcentage de gens qui sont allés voter, et encore moins au nombre de paparazzis autour des dirigeants politiques.
la note en bas de page est à la littérature ce que le lierre est aux arbres : elle s’y appuie, s’y développe, s’y confond, et petit à petit, finit par la tuer.

MMM 11

Missing : un bouquet de prêle, attaché par un fil de fer enroulé 3 ou 4 fois autour des tiges. Signe distinctif : odeur très désagréable. Ce signe distinctif étant la raison principale de la perte de l’objet en question.

Après 24h d’intense recherche et de stases dubitatives pour trouver ce qui puait si fort dans ma chambre, ayant comme seul indice que l’odeur rappelait une très mauvaise odeur de pied, le secret fut percé. Il s’agissait d’un bouquet de prêle ramené à la fin du week-end de la campagne et qui séchait discrètement, sans se douter de rien sur un radiateur inutilisé. Cette prêle avait été ramenée, - vous pouvez lui poser la question pour l’identifier si vous pensez la croiser dans la rue – pour ses vertus diurétiques. Cette plante qui pousse exclusivement en milieu humide, voire marécageux – mais n’évoquez pas cela, ça la vexe – est en effet un des seuls remèdes efficaces contre les infections urinaires à répétition.

Cette plante, plutôt commune dans nos régions, m’avait parue très précieuse et je me réjouissais d’en avoir un stock disponible à la maison, car lors d’un séjour outre atlantique il y a quelques années, j’avais cherché en vain cette plante séchée pour m’en faire des tisanes. Cette quête m’avait menée dans un supermarché biologique de Brooklyn où je m’étais trouvée à chercher le nom américain de la plante, sur internet avec la vendeuse du magasin, en partant du nom latin que m’avait fait parvenir mon homéopathe par email.

Erreur, erreur : pour éliminer l’odeur de ma chambre, j’avais placé le bouquet puant sur le bord de ma fenêtre hier soir, en priant pour qu’il ne pleuve pas.

Mais comme le dit le proverbe, le malheur n’arrive jamais par là où on l’attend : ce n’est pas la pluie, mais le vent qui m’a privée de cette denrée précieuse.

Forte récompense à celui ou celle qui me ramènera le bouquet de prêle.

MMM 12

Métamorphoses – Mutations – Mouvements

Le banc cassé a disparu. C’était un bloc de béton rond divisé en 4 dont un quart était renversé. Vu d’en haut, c’est-à-dire du pont, on aurait dit un jeton de Trivial Pursuit plein dont on aurait renversé, disons, le camembert rose, « Art et spectacles ».

Par analogie, j’avais l’habitude de l’appeler le camembert. Et je l’avais toujours trouvé moche. Mais je l’avais toujours mis dans le cadre quand je prenais des photos des quais, sans trop savoir pourquoi : pour le contraste du noir et blanc sans doute, du blanc sale du béton sur le sombre de l’herbe et de l’eau.

Hier, une bétonneuse s’est installée sur les quais et dans la journée, elle a détruit et recouvert d’une nappe épaisse cette partie du quai. Et, moi j’ai enfin compris pourquoi j’avais toujours pris en photo ce banc : parce qu’il était tellement laid que je devais me douter qu’on n’allait pas tarder à le détruire !!

MMM 13

Marionnettes : laisser la parole à quelqu’un d’autre. Mensonge de la contrainte

Mollusque
Madrid
Moule
Marseille
Meduse
Myriade
Metropole
Melasse
martigues
mou
morse
martoni tu bluffes martoni
merou
miro
maraude
mille
mars
maschmallow
martres
matin
midi
mecanique
monde
milieu
mythique
metabolisme
mortel
mort
merde
mytho
martin
mercure
mercredi
morne
marne
myrtille
mireille
marcel
maurise
maman
mamie
mesquin
minable
morsure
million
maxilaire
mastication
mèche
mix
maximum
minimum
morue

La criée à Marseille, le matin, Maurice et moi, nous sommes allés sur le port. Et y’avait des mollusques et des méduses. Mais on n’a rien acheté parce qu’on n’avait pas de tunes et on avait vraiment envie de moules, mais y’en avait pas

MMM 14

Méthode :
Minimaliste
Quand on se force à une activité régulière sans autre règle, ni thématique.

Dur de se créer ses propres règles.

Je pense à Jacques Roubaud et à son habitude d’écrire tous les matins, avant l’aube. Hygiène de vie et démonstration magistrale que l’écriture n’est pas un métier, qu’il faut lui trouver une place où l’on peut, dans un hors emploi du temps : le temps libre

Moi, j’ai choisi le remplacement de la sempiternelle lecture de journaux + café du matin

MMM 15

Mollesse et menstruations…
Un besoin de sommeil irrépressible, une mollesse du corps et des yeux qui tardent à s’ouvrir.

Comme si le corps demandait quelque chose, comme si cette nuit de « travail » des règles épuisaient toutes les ressources. Ce que ça doit être quand c’est un vrai bébé à l’intérieur !

MMM 16

Midinette : une midinette signe un contrat. Tout occupée à sourire aux photographes qui gravitent autour d’elle, elle ne prend pas le temps de lire les notes en bas de page. Elle s’en mordra les doigts le soir, en compagnie d’un whisky sec

Minuit dans le Métro : un homme avec un grand sac à dos attend avec moi le metro 1, canette de 8.6 à la main. On rentre dans la rame ensemble. Il titube. Je me dis « normal. Fin de soirée. » Il s’assoit à côté de moi. Je le regarde : il a une canette de Kro à la main. Stupéfaction : a-t-il changé la bière en une autre bière ? l’eau en vin ? Où a-t-il mis sa première canette ? 4 stations plus loin, il sort une autre canette de son sac. Je me dis : « début de soirée, donc »

Mauvais œil : Remontée des Champs-Élysées par le nouveau président de la République. Un gros nuage gris se faufile entre les hélicoptères de sécurité. Risque de pluie ? retard de Sarkozy ? Retard calculé pour éviter la pluie ?

Mimoune et Mirouse : Mimoune projeté à Brest : c’est un film sur l’immigration et l’arrachement – larmoyant- au pays natal. Mirouse est le titre de mon personnage préféré, héros en construction d’un livre en construction. Nom dont on s’est beaucoup moqué sans que je comprenne vraiment pourquoi. Et si j’inventais une étape à Brest dans les pérégrinations de ma marionnette romanesque ?

Mâche : rime avec Gâche. Un pique-nique rimique à inventer ?

MMM 17

Médisances

Une scène de metro, fréquente le soir. Un groupe d’amis monte dans la rame. Ils sortent du restaurant selon toute vraisemblance, après avoir bu l’apéritif ensemble. Ils sont joyeux sans plus : tout le monde a plus ou moins envie de rentrer chez soi.

Nous sommes sur la ligne 10, à la Motte-Piquet, ils sont 8. Et là, le jeu des chaises musicales commence.

A Duroc, 2 personnes descendent, un couple. Le bip de fermeture des portes a à peine a retenti quand une des filles du groupe dit : « Ca fait plaisir de les voir. On ne les voit plus trop souvent depuis qu’ils habitent ensemble… » « Oui, ils bossent beaucoup » « Oui mais ce n’est pas seulement ça, j’ai eu l’impression que ça ne leur faisait pas vraiment plaisir d’être là ». Un autre répond : « Oui, je vois ce que tu veux dire, c’est comme si c’était une obligation pour eux. Ils veulent nous montrer qu’ils sont passés à autre chose… » « ouais, c’est dommage », répond la fille avant de descendre précipitamment à Sèvres Babylone pour prendre sa correspondance.

Le jeune homme reprend : « elle a pas l’air d’aller très bien Charlotte » Une autre fille, jusque là silencieuse répond : « un peu agressive oui ». 2 types rigolent : « C’est qu’elle arrive pas à trouver de mec », « c’est vrai, elle fait style elle en a rien à foutre et tout, mais en fait, elle cherche … » « ..et elle trouve pas … ». Les deux types descendent à Odéon en haussant les épaules : « Allez, à plus ! »

La discussion reprend entre les 3 restants : « pour qui ils se prennent eux ? » « à ricaner en se croyant supérieurs… » Silence « alors que bon, je veux pas dire mais Julien, c’est vraiment un looseur en ce moment… ça a l’air de le faire rire » Le fille interrompt : « Mais Stéphane aussi, il fout pas grand chose en ce moment, des petits boulots à la con. Il ose pas trop le dire, il a un peu honte je crois. » « Alors qu’il pourrait se bouger, merde, comme tout le monde » prononce Nadine avant de descendre du metro à Maubert.

Olivier et Sophie restent tous les deux dans la rame : ils se sourient. Leur sourire devient ironique. Elle dit : « se bouger, lui, il a que ce mot à la bouche : t’as vu ce que ça donne ? » Olivier fronce les sourcils. Sophie répond pour lui : « il nous a même pas demandé comment ça allait… il a passé des heures à nous raconter ses stratégies de carrière, les supers contacts qu’il avait et tout. » Olivier ajoute : « Ca l’a même empêché de se rendre compte que sa braguette était ouverte, pendant tout le repas… » Sophie lui coupe la parole et lui fait la bise avant de descendre à Jussieu prendre la ligne 7. Olivier est tout seul dans la rame. Il s’assoit en face de moi, me regarde et me sourit. Il finit sa phrase :

« j’ai rien osé lui dire. C’était trop drôle, de l’entendre parler des réussites la braguette ouverte… »

Je souris.

MMM 18

Mitaines et aMitiés

L’amitié c’est comme les mitaines, les mains sont protégées, les doigts pas. On se touche du bout des doigts, on peut se tenir la main, mais on n’atteint pas la paume pour lui faire mal.

L’amour, c’est comme les bas, les jambes, les extrémités sont protégées, douces, lisses et brillantes, tandis que cuisses, fesses, sexes sont à nu, fragiles et tremblants par le vent du nord qui passe sous la jupe. Le cœur est à nu.

Pas de 19, tiens ! Un oubli…. C’est l’humain qui revient au trot

MMM 20

Y’a plus de matin ma bonne dame !
Quand la journée commence avec le début voire le milieu de l’après-midi, alors l’arrivée de la nuit n’en est que le milieu, et ça commence à être grave.
M comme montagne, qui rend les joues rouges
M comme mouflon drôle d’animal aux grands yeux tristes
M comme Murol, grande ruine de château médiéval très bien conservé où se mélangent souvenirs d’enfance et souvenirs de grande
M comme matelas, grand matelas pour faire dormir 6 + 2 personnes. 3 couples. Parler de partouze sans se toucher
M comme mail. 24 heures ailleurs et sans ordi et déjà trop de messages. _ C’est le week-end et la
Maintenance est déjà longue. 1 heure de communication au minimum par jour. C’est beaucoup. Un temps de transport moyen en somme. Le prendre comme ça, comme un passage obligé, un exercice d’hygiène…

MMM 21

MUthos ?
Quelle différence entre écrire et donner à lire ?

L’histoire de Marie qui m’explique que souvent, elle écrit frénétiquement, rapidement et sans y réfléchir , souvent en rentrant chez elle après le travail, et quand ça va mieux, quand elle s’est déchargée de ce poids (il n’y a jamais de doute, elle le sent, quand c’est terminé. )

MMM 22

Mouche : trajet d’une mouche
Au cas où on aurait besoin d’un prétexte pour effectuer un trajet, pour faire bouger un personnage, ou un lecteur seul si on n’a pas de personnage.

Le problème étant que la mouche ne va jamais très loin : il semble très difficile de passer d’un chapitre se déroulant en Italie à un chapitre s’ouvrant sur une scène dans un bar à Bangkok…

Ou alors il faut envisager la mouche dans toute la généralité de son espèce : on ne suit pas une mouche M, de toute façon, les mouches sont assez peu identifiables et elles-mêmes ne se formaliseront pas de ne pas avoir de prénom, de personnalité…

On suivra donc une mouche au hasard, celle qui sera où on veut aller, où on veut emmener son histoire.

Si les mouches avaient un moyen perfectionné de communiquer entre elles, on pourrait même les utiliser pour en faire un narrateur omniscient.

MMM 23

Matérialisation des iMages Mentales. Rien à voir avec des images récurrentes ou de la psychanalyse, ou même de l’inconscient, juste réussir à formuler à décrire des images que l’on aimerait voir, quel qu’en soit le support :

Ex : un homme volant
Un maison qui bouge,
Un oiseau qui parle
Ou plus trivial et moins impossible : des chantiers, des bâtiments en construction dont certaines parties sont finies et accueillent déjà ce qu’elles devraient accueillir plus tard : collusion des temps, par exemples, dans mon rêve de la semaine dernière, les musées d’art de New York prématurément pleins de chaises, instruments de musique, sculptures, peintures… des petites cages de verre, des vitrines au milieu des chantiers.

Ou encore pour continuer dans les M :
Une Mirabelle toute mûre, qui s’ouvre pour laisser sortir un drôle d’insecte coloré
Un Mendiant aux beaux yeux brillants, avec une démarche de gentleman
Un Mamelouk dansant en costume, seul dans un paysage désertique
Une Mariée pleurant à chaudes larmes assise sur un siège de toilette, couvercle renversé……

MMM 24

Media contre observation directe.

5 minutes passées à observer la scène peuplée de pompiers, policiers et queschaueurs squatteurs de quai en bas de chez moi (acteurs cités par ordre décroissant de présence numéraire sur scène…). Désagréable impression qu’il manquait la voix off, les explications des journalistes. Le difficile exercice du « No comment » qui faisait la réputation d’Euronews fut un temps, « No comment » qui lui au moins avait un bandeau de titre.

Ne pas avoir compris, ne pas savoir ce qui se passe et avoir pourtant assisté à l’événement en direct. Etrange impression.

Est-ce une expulsion musclée ? un homme se débattait à terre pendant qu’on lui passait les menottes…
Est-ce une bagarre qui a dégénéré ? Deux hommes étaient à terre en train d’être soigné par les pompiers…
Est-ce un crime qu’il faut élucider ? Il y avait vraiment beaucoup de policiers pour un simple incident et ils avaient des gants transparents pour ramasser des choses à terre.
Est-ce une descente des stups ? Les squatteurs encore debout étaient sommés d’accompagner les policiers à l’intérieur des tentes pour ce qui ressemblait à une fouille…
Est-ce un film, un épisode de série policière qu’on tournait ? Les badauds regardaient la scène avec exactement la même attitude que les curieux –nombreux- lors des tournages en plein air –nombreux dans ce quartier…

MMM 25

Morbide ?
Lire les faits-divers dans les journaux ? OK
Les lire en premier, se jeter dessus à la première lecture ? Problème non ?

J’aimerais beaucoup savoir comment les journaux justifient le fait de publier des faits-divers, comment ils disent « sélectionner » et hiérarchiser les informations.

Morbide aussi la curiosité des gens pour les accidents sur la voie publique, sur les corps qu’on fourre rapidement dans les ambulances, pour regarder au delà de la barrière qui clôt le périmètre du suicidé.

Morbide aussi le premier geste du matin : allumer la radio ?

MMM 26

Multiplication des fois : rien à voir avec la boucherie, Sanzot, ou une autre…

Pour moi, un bar bien, un restau bien, une ville bien est un endroit où je retourne. Le fait d’aller quelque part n’est en rien une adhésion et c’est que s’acharnent à ne pas comprendre les pros du marketing…

Se rendre sur tel site internet ou dans un magasin X est souvent le résultat d’une erreur, d’une expérience, d’un essai souvent décevant (cela s’appelle la Louse) : on a compris, on est indifférent ou en colère, mais on n’y retourne pas.

Et pourtant, le marketing compte ces essais humains comme une adhésion puisque c’est bêtement mathématique, mais si 3 personnes se rendent une fois chacun sur un site (générant ainsi 3 unités supplémentaires sur le compteur de la fréquentation, et une hausse du tarif de la publicité subséquente), cela revient au même qu’une personne se rendant 3 fois de suite sur le même site.

Différence entre le court terme et le long terme me direz-vous ?

Certes… différence qui prend toute son importance quand il s’agit d’art.

Les livres sont côtés en fonction de leur nombre d’exemplaires vendus. Mais un livre acheté est-il lu pour autant ? Combien de personnes le lisent ? ou le liront à l’avenir ? Question plus importante encore : le livre fera-t-il partie de ceux qui seront revendus quand l’acheteur aura besoin d’argent : y aura-t-il dilemme entre valeur marchande et valeur non marchande ? Ne serait-il pas plus intelligent de faire des sondages du type : « que lisez-vous en ce moment ? » on serait surpris du nombre de livres lus provenant de bibliothèques personnelles, de celles d’amis, de bibliothèques publiques. Les livres lus sont souvent ceux qu’on a déjà chez soi. Quel intérêt alors de sonder nos contemporains puisque la lecture ne génère pas dans ce cas de profit ? ni immédiat ni à plus long terme… Simplement pour « mieux connaître les habitudes des consommateurs ? » mais le lecteur est-il un consommateur ? Un consommateur d’autres livres (cf Amazon et le fameux : « les autres personnes ayant acheté ce livre aiment : B H et J » mais qui nous dit qu’ils les aiment… ils les ont acheté voilà tout… si ça se trouve même pas pour eux : Si pour l’anniversaire de mon père, j’achète sur Amazon « le grand livre du jardinage » et que je décide de me faire plaisir en glissant dans mon « panier » électronique un recueil de poésies mystiques du moyen âge, Amazon conseillera-t-il au prochain amateur de jardinage de se pencher sur la contemplation des cieux ombragés du XIV siècle ?)

Dev : ce genre de pratique donne envie d’être contradictoire exprès

Sexualité : sondage à faire ; avec combien de personnes n’avez-vous couché qu’une fois ? que veut dire Revenir ?

Tourisme : les gens désemparés quand ayant atteint une quarantaine d’années à raison de 2 à 3 voyages par an, se rendent compte qu’il ne leur reste que peu d’endroit à visiter, à découvrir. C’est alors qu’ils retournent dans les mêmes endroits, avec la tristesse de celui qui revient sur ces pas. Pourtant quel plaisir de revenir, le plaisir de la seconde fois… Heureux celui qui revient sur les lieux déjà connus sans y être obligé. Là est vraiment la beauté du choix. Quel intérêt de choisir d’aller à Bali plutôt qu’en Egypte : succes de l’agence de voyage, qualités de photos, réussite des « on dits… », pas aucun intérêt pour Bali… Par contre, celui qui choisit de retourner au Mexique alors qu’il y est déjà allé l’an passé est véritablement celui qui décerne les lauriers, celui qui honore le Mexique de son choix : j’ai vu, je veux revoir car il y a tant à voir : je veux comprendre, approfondir…

En ce qui concerne le tourisme, on devrait classer les destinations selon leur faible proportion de « primoarrivants » : avec une question simple : « étiez-vous déjà venus ici avant ? » On ferait la même chose pour les bars, les restaurants… On appelle ceci une clientèle d’habitués et c’est même un argument de vente majeur dans les guides touristiques, garant de l’authenticité

Et même pour les films. Une salle de cinéma remplie à moitié par des gens qui ont déjà vu le film, même il y a longtemps, même en d’autres circonstances, est un indéniable succès pour le film. C’est parce qu’il s’agit de classiques, direz-vous… Oui, et la valeur de ce choix n’existe réellement que si les autres salles adjacentes proposent des films récents, inconnus, qu’encore peu de gens ont vu. Car si l’on retourne sur nos pas parce qu’on n’a pas le choix, si l’on va voir un film déjà vu parce que c’est le seul à l’affiche, alors, c’est qu’on est déjà passé dans une phase de dictature conservatrice. Autrement dit : le classique n’existe et surtout n’a de valeur qu’en tant qu’alternative au moderne… Le problème principal étant la frontière entre le classique et le moderne : Mettons le Louvre et Beaubourg face à face, harmonisons leurs tarifs et horaires d’ouverture : on peut penser que les visiteurs du Louvre adhèrent davantage aux œuvres classiques du Louvre (censées connues) que ceux de Beaubourg aux œuvres modernes qu’ils ont sous les yeux. Peut-être… Sauf que le classique n’est peut-être pas là où on l’attend : Picasso, Kandinsky, Mirò et Dalì sont certainement plus classiques pour nous aujourd’hui que les vierges à l’enfant du XII et que les grands formats de Delacroix. Ce sont alors peut-être les visiteurs de Beaubourg qui décernent des lauriers à l’art moderne en y retournant, en venant vérifier si c’est bien, si ça leur plaît toujours. Non, décidemment la frontière n’est pas là où on l’attend ; elle se situerait plutôt entre le 3e et le 4e étage du centre Pompidou : art moderne / art contemporain. La fréquentation du dernier étage est en effet bien moins importante que les collections des « classiques du XXe siècle ». Baisse de fréquentation d’autant plus sensibles que l’art contemporain de façon très générale est doué pour la mise en valeur des déserts : installation minimaliste, blanc, transparence, jeux de matières et de lumière, insistance sur l’espace… On voit vite qu’une salle est vide !

Les classiques en fait : contre les modernes : nouvelle bataille Citer Florence Delay : le classique est ce qui me ……. ??

Je ne suis pas vraiment classique dans mes goûts littéraires et pour cette raison, quand le soir, je cherche dans ma bibliothèque un livre avec qui passer la soirée, et plus si affinité et que je vais au lit avec un Balzac, je sais que si les spécialistes du marketing se tenaient par le plus grand des hasards derrière le rideau à observer mes comportements, Balzac gagnerait subitement un paquet de point en côte de popularité…. Mais comment faire de l’argent avec ca : Essayer ensuite de me vendre l’intégralité de la Comédie humaine en reliure grand luxe ? en livre électronique à télécharger ? en format Mp3 à écouter dans le métro ? des tarifs préférentiels sur des adaptations de Balzac au cinéma ? au théâtre ? des offres sur la littérature critique balzacienne ? sur des livres pour enfants tirés de la comédie humaine ? ou pourquoi pas, le costume de Vautrin, la stylo de Lucien ? le vin de Raphaël, les rideaux de la femme de 30 ans, un séjour en Auvergne sur les traces du Lys dans la vallée ? les bas de Coralie ? la culotte de Delphine de Nucingen ? la bourse du père Grandet « certifiée Vrai cuir »… ? La liste est sans fin : personne ne le fait car Balzac n’a pas le même nombre de lecteurs que le Da vinci Code. Par contre, le marketing « produits dérivés » peut prendre une direction plus insidieuse et nettement plus efficace quand Balzac sert de référence, d’étiquette et d’ancêtres : de pedigree à un nouveau livre qu’on essaye de vendre… Ce qui donne des choses bâtardes du genre : « le fils spirituel de Balzac et Defoe, qui aurait croisé sur sa route Rimbaud, Lautréamont, la sœur de Verlaine et qui aurait prix un thé avec Saul Bellow et ses chiens… » Imagination sans borne du marketing.

MMM 27

L’habitude commence à Mariner et Menacer…
Pourquoi menacer ? il faudrait penser à écrire un éloge de l’habitude…

La marinade, c’est plus facile à expliquer. Les habitudes ne sont pas le sel de la vie : ce ne sont pas des événements, ce ne sont pas des choses qu’on raconte. Personne ne passe un coup de fil pour raconter ses habitudes. On n’écrit pas de roman sur les habitudes d’un personnage. Mais l’habitude, c’est ce dans quoi on baigne, c’est l’arrière-plan, l’imparfait et l’imperfectif si l’on veut parler grammaticalement, donc précisément. C’est ce dans quoi on trempe avant la cuisson, c’est donc une marinade : ce qui nous donne du goût quand il s’agit de passer à la casserole, ce qui a influé sur la texture, la conservation, le mélange des arômes…

Voici donc quelques recettes de marinades à usage des écrivains de roman :

R. va toujours faire ses courses avec un sac de voyage : pratique, cette habitude a aussi l’immense avantage de faire croire à ses voisins que R. est un grand baroudeur, un voyageur infatigable.

S. renifle systématiquement ses livres quand elle les ouvre. Le nez collé au papier, bien au centre, au cœur du livre.

M. ne se lave les cheveux que le soir pour avoir des épis au réveil et éviter la coupe au bol, cheveux fins et tombants en se lavant les cheveux le matin.

G. vérifie la compatibilité de son signe astrologique avec celui des gens qu’elle rencontre et qu’elle a envie de revoir.

L. assortit systématiquement sa culotte, ses chaussettes avec ses barrettes et élastiques à cheveux.

P. se sourit tous les matins au réveil, dans la glace de la salle de bains, il fume dans la salle de bains, éteint ses cigarettes avec le filet d’eau du lavabo, retourne le savon régulièrement pour l’user de façon égale de chaque côté, il jette toujours ses paires de chaussettes même s’il n’y en a qu’une de trouée, il arrose ses plantes le soir avant de se coucher, pendant que son portable se recharge, il n’allume la télé que le dimanche, à midi, après une grasse matinée, il réserve des billets de train et d’avion sur internet sans jamais terminer sa commande et ne part jamais, il ne cesse de dire à ses amis qu’il n’est que de passage, de ne pas compter sur lui et de na pas l’attendre, exception faite des cartes postales à ses parents et à sa grand-mère, toutes ses lettres commencent par « je suis désolé, mais… », il ne finit jamais le pain qu’il achète et e laisse sécher quelques jours avant de le jeter, il se perd dans de longues contemplations de sa fenêtre dès qu’il se met à pleuvoir, il a dans sa tête une liste des cinq endroits où il aimerait aller vivre et ne cesse de modifier mentalement cette liste, il met parfois plusieurs heures avant de se rendre compte que la même chanson tourne en boucle sur sa chaîne, il ne boit du jus d’orange que le soir, il a toujours peur de mourir quand il s’endort avant minuit, il ne change ses draps que lorsque quelqu’un vient dormir chez lui, même si ce n’est pas dans son lit, il ne met un papier dans la corbeille uniquement lorsque les deux côtés sont utilisés, il déteste le papier toilette parfumé et a toujours un paquet de kleenex blancs dans sa poche au cas où il se trouverait chez quelqu’un au papier parfumé, il lui arrive de suivre de femmes dans la rue quand il reconnaît au passage le parfum de sa mère, il est capable de passer un temps fou pour trouver l’origine d’un mot ou retrouver une date historique oubliée…

MMM 28

M comme Mirouse bien évidemment, sans y avoir vraiment pensé avant…

Mirouse comme Moyen de Mélanger ce qui Me plaît : Mixer tout : mon goût pour les listes poétiques, les jeux absurdes, les inventions formelles, les jeux de mots, les quêtes, les dialogues en forme de ping-pong théâtral, les chronologies, les faux CV, les détournements de fond et de forme.

Note d’intention, donc : est-ce bien le moment de l’écrire ? Le roman, mon roman comme le plus grand espace de liberté, un terrain de jeu prêt à tout, parfait pour toute sorte d’expérimentations… et bla et bla et bla..

Certes, mais le cadre, la ligne, le fil, penser au lecteur, le pauvre bibi, qu’est-ce qu’il va aimer, qu’est-ce qu’il va retenir ? qu’est-ce qui va le pousser à passer à la phrase suivante, surtout, à la page suivante ? A quel moment le livre va-t-il lui tomber des mains ? et pourquoi ? pfou ! n’importe quoi ! Pfou, elle me fatigue ! Pfou, où veut-elle en venir ? quel intérêt ? quelle complaisance ! ou le fameux : « moi aussi je peux le faire…. »

Paranoïa de l’écrivain : première fois que cela m’arrive !! quand on commence à penser à publier, mais est-ce bien le moment ? le livre n’est même pas fini !!

Paranoïa qui pousse à l’erreur : pourquoi imaginer le pire ? le pire n’est jamais un extrême ! le pire est toujours une sorte d’entre-deux, une nappe d’indifférence tranquille, de bouts de jugements rapides et vite oubliés : tiens marrant cette image. Tiens : c’est une bonne idée ça. Mais, c’est bien tout ! mais peut-être est-ce vraiment tout, réellement ! En fait, je serai déjà heureuse qu’on se dise « tiens, c’est une bonne idée ça, c’est marrant » et qu’on passe à autre chose : ce serait déjà une forme de victoire.

Pas de propos, de message, de grande conception du monde ou du roman, pas de grandes ambitions. Car là se niche le pire, bâton tendu à la déception.

Alors voilà : mais il ne s’agit même pas de renoncer à des ambitions qui n’ont jamais existé…

Chercher à en avoir, c’est en trouver de fausses, alors contentons nous de nous faire plaisir en espérant que le plaisir sera réciproque !

MMM 29

Le matin, finalement pas une bonne idée…

MMM 30

Pas du matin donc. Dernier matin où je me force. Il est très frustrant d’écrire le matin, car c’est par la suite, en début d’après-midi, quand on fait tout autre chose, quand on n’a plus le temps et quand on est censé faire autre chose que la bonne idée vient, qu’on a honte d’avoir écrit ce qu’on a écrit le matin.

Ecrire le matin, c’est une porte ouverte à la complaisance : on parle plus facilement de trucs qui nous passent par la tête. L’idée de base était de profiter de ces moments très calmes, très décalés où on a encore la tête dans l’oreiller ou même dans un autre lieu beaucoup plus vulgaire. Des moments où l’on boit un café en écoutant les informations à la radio, éventuellement avec une cigarette (ça a dépendu des jours pendant ce mois un peu up and down)… Car les idées bizarres, rigolotes me viennent souvent en écoutant la radio, mais cela n’a pas donné grand chose en étant forcée d’en trouver.

Bilan ? leçon à retenir, alors ?

Qu’il n’y a pas de méthode ? que la contrainte ne sert qu’à se rendre compte que la contrainte ne sert à rien ? que c’est toujours dans la subversion, et surtout dans la subversion par rapport à soi-même que naissent les choses intéressantes…

6uyy77543e54666666632434534w6tyu56r7t-0o9888888888977777776888887yuui9o0- : nettoyage du clavier

MMM 31

Minuit 12, déjà juin donc. J’ai 3 pulls et je pensais mettre des chaussettes de ski pour éviter les courants d’air aux orteils. Mais sinon, on va quand même camper dans le sud à un festival de musique. Ca c’est vraiment l’été : on fait des trucs, on bouge, on va dehors, mais on se rend pas compte qu’en fait, c’est un peu l’hiver, c’est même exactement l’hiver…

Donc, juin, plus de raisons d’écrire, il faut arrêter, pourtant j’y ai pensé toute la journée, depuis tôt ce matin : c’est le dernier jour, le dernier texte : le point final… Trouver quelque chose d’intéressant à dire, un truc marquant, une bonne formule, ou finir en clin d’œil, trop facile, peut-être, mais si facile quand il est déjà trop tard, qu’on est déjà en train de tricher, qu’il est minuit 25, qu’on a largement entamé le mois de juin et qu’on ne compte pas renouveler l’expérience en juin, qu’on a envie d’en finir, tout textuellement attendu que cela puisse paraître, qu’on adore les adverbes saugrenus, les sauces aigre-douces, et qu’on décide de finir en queue de poisson, en poisson du premier juin….

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