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Un portrait contemporain en vingt clichés - Extraits
 

« Nous sommes sous le règne des statistiques et tous ces types qui déambulent sur les Champs-Elysées,
ces couples endimanchés dans leur costume en série, avec leurs petits sentiments bien affichés
comme la couleur de leur cravate ou la fleur de leur chapeau, tous ces gens qui se dévisagent,
se jaugent se créant une bonne conscience d’eux-mêmes avec l’aide de votre vanité,
ne se rendent pas compte qu’ils ne sont que des chiffres emprisonnés par une machine à calculer. »
Blaise Cendrars



20% :
Il joue régulièrement d’un instrument de musique.
Il a toujours un préservatif sur lui.
Il n’aurait rien contre le fait que sa femme gagne plus que lui.
Il aimerait beaucoup pouvoir tout recommencer à zéro.
Il ronfle.

« Vraiment, je déteste les parapluies ! »

Il avait dit cela avec un tel aplomb que le stagiaire qui l’avait suivi ce soir-là dans l’ascenseur le regarda différemment de l’acquiescement muet et respectueux qu’il se contentait de lui servir à la cantine à midi. Il le dévisagea.

Dans la porte tambour de la grande tour de verre où il travaillait, c’est avec violence qu’il enfonça son bonnet sur la tête. Le stagiaire, en sortant derrière lui, se sentit obligé d’ajouter quelque chose pour clore cette belle journée : « décidément, il aura plu toute la journée. Heureusement qu’on était au bureau… »

Il ne le regarda pas et se contenta de répéter, rageusement, entre ses dents : « Je déteste les parapluies » « Et vous allez loin ? », se risqua le jeune homme. « Non, je prends le métro après le pont » « Moi aussi » lança le stagiaire, souriant à l’idée qu’après une semaine de présence invisible, il allait pouvoir enfin entamer une relation interpersonnelle avec un de ses collègues de travail. Après tout, il était là pour six mois, et il avait bien l’intention qu’on ne l’oublie pas.

Ils descendent la rue ensemble. « Je ne vous avais jamais vu », « Je viens d’arriver » « Et ça vous plaît jusque-là ? » « Oui, c’est tout à fait ce que j’attendais ». Faut-il être con pour avoir à ce point renoncé à ses idéaux pensa-t-il tout bas. « Et vous savez ce que vous allez faire après ? » « Probablement la même chose, mais en Inde … Je compte continuer dans la communication interne, mais en interculturel » « Ah, ce n’est plus vraiment interne si c’est interculturel » marmonna-t-il, mais la plaisanterie n’était destinée qu’à lui seul.

Le stagiaire ne se laissa pas démonter, et pendant qu’ils traversaient le pont au milieu des voitures embouteillées, protégés l’un par son parapluie, l’autre par son bonnet, il lui conta l’Inde : la poussière, l’informatique, les couleurs, les possibilités de carrière rapide, les odeurs, la construction incessante de routes, de logements, les rapports amicaux avec les gens, les longs voyages en train, la grâce des femmes et le bonus sur un CV au retour en France.

Il le laissa parler et lui jetait de temps en temps des regards obliques. Quand l’autre eut fini de peindre sa carte postale, il lui dit « Oui, moi aussi, je suis parti quelques mois en Asie, au début de ma carrière. Je n’en garde pas un très bon souvenir. On m’attendait ici. Ma femme. Enfin, ma future femme, on n’était pas encore mariés. Elle avait beaucoup insisté pour que je tente l’expérience. C’était censé « booster ma carrière ». En fait, ça nous a surtout rendus très malheureux. »

Ils s’engouffrèrent dans le métro et passèrent leurs portillons respectifs à la même seconde. « Maintenant, quand j’y repense, je me dis que c’est elle qui aurait dû partir quelque part, pour « booster sa carrière ». Elle aurait été meilleure que moi. J’ai toujours l’impression qu’elle m’en veut de ne pas être devenue ce qu’elle aurait pu être – et « ce qu’elle aurait pu être » change beaucoup avec les circonstances- et surtout qu’elle m’en veut de n’être que ce que je suis… »

La stagiaire se permit de l’interrompre au moment où la rame de métro arriva : « mais, vous avez un poste passionnant, monsieur, et si vous me permettez… »

Il ne lui permit pas : « Je vous en prie, pas de compliments inutiles, nous avons quitté notre lieu de travail à présent… »

Alors, le stagiaire, assis sur son strapontin, sa serviette sur les genoux, se tut. Il paraissait chercher ce à quoi son collègue pouvait bien rêver, ce qu’il aurait aimé faire et être différent. Il paraissait tant et tant que l’autre lui vint en aide : « j’aurais dû, je ne sais pas, rester à la maison, m’occuper des enfants, je ne les ai presque pas vus, j’ai l’impression de ne les connaître qu’en photo. J’aurais dû continuer la musique, travailler mon saxophone, finir le conservatoire. A l’heure qu’il est, je serais en train de commencer à jouer sur scène dans un bar minable avec des copains musiciens, comme tous les vendredi soirs depuis vingt ans. Je me serais un peu plus marré… » Le stagiaire ne savait pas quoi dire, il ne savait même plus s’il devait encore l’appeler « Monsieur », donc, s’il avait eu quelque chose à dire, il n’aurait pas su comment commencer sa phrase. Alors il le laissa parler. Et ce fut un monologue pendant dix longues minutes. A l’approche de sa station, le stagiaire l’interrompit timidement : « Vous descendez où ? »

Il releva la tête, il avait raté son changement. « C’est trop tard ». Il avait l’air tellement pitoyable que le stagiaire lui proposa de descendre avec lui à la prochaine station pour aller boire un verre.

Ils sortirent de la rame lentement, en parlant saxophone ténor et musique indienne.

Dans ce quartier résidentiel et platement bourgeois, les bars où l’on peut discuter tranquillement autour d’une bière un vendredi soir n’étaient pas nombreux. Entre les tablées de paëlla familiales, les restaurants chers pour couples et les bars lounges branchés où des ribambelles de filles à talons en robes du soir fumaient sur le perron par 5 degrés, ils eurent le temps de marcher et de discuter voyages, formation, jeunesse avant de trouver le lieu qu’ils avaient cherché sans le savoir : un traiteur chinois ouvert jusqu’à 2h du matin, et désert jusqu’à 2 heures du matin car les néons glauques et l’aquarium où les poissons semblaient morts – peut-être l’étaient-ils vraiment – faisaient qu’en général, les clients choisissaient de se faire livrer. Ils se racontèrent leurs vies : minables aventures d’un soir d’un don Juan en culotte courte pour l’un, minables tromperies conjugales aussi mal assumées par l’un que mal appréciées par l’autre. Ils arrivèrent même à en rire. Ils reprirent de la bière chinoise, qui, somme toute, était très bonne, passée la première bouteille.

En voyant que sa femme avait essayé de le joindre, il se leva pour aller aux toilettes, envoya un message et coupa son téléphone. Il se sentait moins malheureux qu’avant. Le stagiaire avait définitivement renoncé à lui parler travail, et lui, il ne s’était pas senti obligé de lui montrer les photos de ses enfants qui sont dans son portefeuille : tout allait bien.

Ils parlèrent de la vie, mais surtout des choix : des choix qu’on fait ou qu’on ne fait pas, des choix qu’on aurait dû faire, des choix dont on vous dit qu’il aurait fallu les faire, des choix que l’on a fait sans s’en rendre compte – était-ce vraiment des choix ? – des choix que d’autres ont fait pour vous, des choix que d’autres ont fait et qu’on aurait pu faire, des choix qui sont évidents, des choix qui sont de fausses évidences, des choix du pied du mur et des choix de l’envol, des choix de vertige et des choix de fous, des choix quotidiens et des choix métaphysiques. C’est précisément pendant qu’ils parlaient du choix du moment de la mort qu’un jeune chinois en tablier vint leur dire que le restaurant fermait, avec toute la commisération et l’humilité dont il était capable.

« Comment allez-vous rentrer maintenant ? » demanda le stagiaire, qui, plus jeune, était plus prompt à revenir sur terre. « Je ne vais pas rentrer maintenant. Je risque de réveiller ma femme. Elle est très sensible au bruit. Déjà que je ronfle et qu’il m’arrive de la réveiller en dormant, si je la réveille au milieu de la nuit en puant la bière, j’en ai pour le reste de la nuit à discuter de respect mutuel… Le sommeil est un sujet délicat entre nous… ». « Si vous voulez dormir chez moi, il n’y a aucun problème » proposa le stagiaire sans penser à ajouter « monsieur ».

Il remercia du ton de celui qui va refuser mais accepta. Ils se turent dans l’ascenseur, comme ils avaient failli le faire quelques heures plus tôt en sortant du travail. Ils ne reparlèrent pas de la vie, ni du jazz, ni des choix, ni des aéroports. Ils se turent et se regardèrent peu jusqu’à ce que leurs corps se touchent maladroitement dans le grand lit froid.

45% :
Il est propriétaire de son logement.
Il n’est pas optimiste concernant l’avenir en général.
Il s’efforce de faire régulièrement de l’exercice.
Il a déjà failli mourir.
Il aimerait pouvoir marcher pieds nus plus souvent.

Il est assis dans la grande salle d’un bar entouré de trois de ses amis. Il les voit régulièrement, toujours au même endroit. L’endroit est agréable, la musique, pas trop forte, est de bon goût. A part les quelques poivrots du comptoir, qui semblent avoir été posés là par souci de vraisemblance, la salle respire la joie de vivre.

A peine arrivé, avant même que l’on vienne lui demander ce qu’il voulait boire, il a demandé une cigarette à ses amis. Il a arrêté d’acheter des cigarettes il y a un peu plus d’un mois. Il ne pouvait pas s’empêcher de fumer le paquet entier avant de se coucher, alors il s’est dit que la meilleure solution était de ne plus acheter de cigarettes. Mais il a encore envie de fumer. Pas tellement la journée, mais le soir surtout. La journée, c’est plus facile : il va faire une demi-heure de sport et il n’y pense plus, mais le soir, il est plus difficile de se sortir cette idée de la tête. Quand il est seul, il va au cinéma, il se met au lit plus tôt avec un livre, ou il se masturbe. Mais quand il doit retrouver des amis, il sait qu’il va fumer : c’est comme s’il y avait droit.

Tout paraît plus clair quand il arrive dans un bar sur le coup des neuf ou dix heures du soir. Les gens fument et boivent de l’alcool, et ils ont l’air parfaitement heureux. Alors, il regarde ses atermoiements et ses éternelles négociations avec lui-même avec distance, comme on se souvient soudainement de ses cauchemars pendant la journée. Entouré de ses amis et d’autres gens plutôt souriants, il lui semble tout à fait naturel d’accepter les cigarettes qu’on lui propose. Il pensait qu’arrêter de fumer – oui, il a arrêté puisque, n’achetant plus de paquet, il est considéré par son buraliste, ses voisins, le Trésor public, et la Sécurité sociale comme un non-fumeur – stopperait net toutes ses angoisses. Puisque ses angoisses portent toujours sur sa santé, en adoptant un mode de vie sain, il devait faire disparaître les angoisses. Mais ses peurs de cancers, d’insuffisance cardiaque, d’artères bouchées ne s’étaient pas calmées, loin de là. Il se réveillait même de plus en plus fréquemment en sueur pour tâter de mystérieux débuts de ganglions à l’aine, probablement précurseurs du sida, ou se grattait férocement le mollet sous la couette, persuadé d’avoir contracté une maladie de peau incurable.

Depuis déjà quelque temps, il n’osait plus parler de ces peurs à son entourage, ni même à ses médecins. On commençait à se moquer de lui. Alors, il passait de plus en plus de temps sur les sites médicaux en ligne, des plus spécialisés aux forums les plus vulgarisants.

Il venait de prendre une quatrième cigarette dans un paquet posé sur la table – promettant en échange de payer un verre à son propriétaire – et était en train de se dire que ça ne servait à rien d’arrêter de fumer si c’était pour boire plus d’alcool, que décidément la vie à laquelle il aspirait, qui avait pourtant l’air si simple et si lumineuse, n’était qu’un enfer pavé de bonnes intentions, et de fil en aiguille, c’était toute sa vie qu’il remettait en question en tirant nerveusement sur sa cigarette : il avait déjà trop fait semblant de se passionner pour son travail, qui n’était somme toute qu’un boulot répétitif et plat comme tant d’autres, avec un nom bien ronflant – il était dessinateur dans un cabinet d’architectes en vogue – et puis, il s’était ruiné pendant 5 ans, mais aussi pour les 20 prochaines années, pour acheter cet appartement où il se « sentait si bien » : il avait fait croire que c’était pour lui une étape importante, que ça correspondait à quelque chose auquel il croyait vraiment. Il s’était ruiné par principe et était en train de gâcher sa vie par orgueil.

Il en était là de ses réflexions quand l’ami si cher à qui il taxait des cigarettes depuis le début de la soirée se pencha légèrement sur la table pour venir cueillir un regard auprès de celui qui avait déjà abandonné la conversation depuis un bon quart d’heure et sombrait à vue d’œil, sans que l’on sache si c’était vers le cendrier ou vers le verre de rhum qu’on venait de lui resservir.

« Ca va pas ? »

Ca n’allait pas plus mal que d’habitude. Mais comment leur expliquer ça ? Comment expliquer qu’on a peur tout à la fois de mourir d’une crise cardiaque dans la nuit et de finir vieux con, frustré et aigri, et qui plus est, malheureux ? Il tenta bien de plaisanter : c’était encore un de ses cancers qui le faisait souffrir. Ce devait être l’humidité… Mais, cette fois, ça ne prit pas : il devait avoir vraiment l’air d’être au quatrième dessous…

Sa voisine de droite, qui était celle qui parlait le plus lors de ces soirées entre amis, perdit patience la première. Il fallait maintenant arrêter de se morfondre. Elle en avait marre de tous ces gens qui ont tout pour être heureux et qui font tout pour ne pas l’être. Elle se mettait à parler de lui au pluriel, ce qui ne lui remonta pas du tout le moral. Si encore ces gens-là gémissaient tout seuls dans leur coin, mais non ! Il fallait qu’ils en fassent profiter tout le monde. Là, il se releva un peu et voulut répondre : on ne lui avait rien demandé. Il aurait très bien pu passer toute la soirée à guetter son avenir dans le marc de rhum. Personne n’avait besoin de se soucier de sa santé physique ou mentale… Mais elle reprit : ces gens-là pourrissaient la vie de tout le monde. Par leur mollesse, leur inaction, et leur complaisance – elle prononça « complaisance » avec des guillemets et insista bien sur la dernière syllabe comme si elle voulait faire remarquer la belle cadence majeure de sa phrase – en fait, et là, c’était plus insidieux, on le sentait bien aux froncements de sourcils adéquats, ils empêchaient les autres d’agir. C’était quasiment une condamnation à la peine capitale. L’action, agir, faire des choses : c’est ça, la vie ! Et vous, tout ce que vous faites, c’est vous rouler dans votre néant…

L’action était devenue son credo depuis qu’elle était allée faire un mois d’humanitaire au Togo l’été dernier. Cette pensée le fit sourire. Mais quand on ne sourit plus que par méchanceté, c’est mauvais signe : il retomba dans sa prostration. Des bribes lui parvenaient : « … un super boulot… là, ce soir avec nous… du temps pour toi… » Un autre prit le relais : « Tu te fais même des filles ! De quoi tu te plains ? » Rien qu’au ton avec lequel il venait de sortir ça, on comprenait que ce n’était pas son cas à lui. Il eut une pensée triste et sincère pour une autre personne que lui : c’était la première depuis longtemps. Il en releva la tête, le regarda même dans les yeux, et ouvrit la bouche pour…

Profitons de ce tournant majeur dans la conversation pour expliquer qu’à chacune de ces soirées, c’était sa spécialité de raconter sa dernière histoire de fesses, comme ça, naturellement, sans mot grossier ni fausse pudeur, au milieu du bar. Ca ne ratait jamais : à chaque fois qu’ils se retrouvaient tous les quatre, il en avait une nouvelle à raconter, jamais deux ni trois, c’était toujours une seule histoire, toujours sans lendemain, qui lui prenait deux ou trois heures à vivre et entre 10 et 15 minutes à raconter. C’était proportionnel. Il était réglé comme une horloge, à croire qu’il le faisait exprès, que si la veille du rendez-vous au bar, il n’avait toujours rien à leur apporter sur un plateau, il courait vite se mettre quelque chose sous la dent. Mais aujourd’hui, c’était la première fois, il n’avait rien à raconter. C’était comme s’il avait oublié. A y regarder de plus près, ça lui faisait la même impression que de rater une séance de piscine : on ne s’en rend jamais compte sur le moment, et quelques jours plus tard, on se dit qu’on aurait dû y aller. Mais pourquoi ouvrit-il la bouche s’il n’avait rien à raconter ? Puisqu’ils n’attendaient que ça, que c’en était devenu un rituel, et qu’il n’y a toujours que le sexe pour détendre l’atmosphère, il se mit à raconter :

Il était dans le train. Il venait de se réveiller après un petit somme de quelques minutes à peine. Elle passait dans le couloir central, elle le frôla, se retourna pour s’excuser. Avec un grand sourire. Un trop grand sourire. Il se leva et la suivit. Il marchait doucement car il était pieds nus.

Ses amis s’entreregardèrent, interloqués. Il s’arrêta. Il était en train de raconter son dernier rêve érotique, puisqu’il n’avait rien de réel à raconter. Mais il s’empressa de justifier : oui, j’avais enlevé mes chaussures, il faisait un peu chaud, et la moquette est très confortable dans les nouveaux TGV…

Ce n’était qu’un petit mensonge, mais son débit se ralentit : il ne leur avait jamais menti. Il était gêné. Mais après tout, ne leur avait-il pas déjà menti avec cette histoire d’ulcère à l’estomac qui ne s’était jamais médicalement manifesté, ou avec ses acouphènes récurrents à l’oreille droite ?

Il continua donc. Sans se retourner, la fille continuait à avancer vers le fond du train, jusqu’à ouvrir la porte des toilettes pour femme / table à langer, dans laquelle il s’engouffra bien sûr. Il raconta tout dans les détails : la lumière frontale, l’étroitesse du lieu, le complexe déshabillage de la demoiselle à cheval sur la cuvette, se heurtant les coudes à la porte. L’équilibre précaire de la table à langer en plastique et la frustration de la Très Grande Vitesse due aux coups répétés d’une main ferme contre la porte, accompagnés de braillements plus qu’infantiles d’un être humain qui visiblement venait de faire dans sa couche et avait par conséquent un besoin de la table à langer bien plus urgent que le jeune couple en pleine action.

Ses trois amis étaient impressionnés. La conversation se poursuivit sur l’amour dans le train en général, en voiture, dans les champs, sur la plage, pour finir sur les parkings souterrains. Puis, ils se turent, parce qu’ils n’avaient plus d’idées ou plutôt craignaient de lancer un nouveau sujet de conversation que personne autour de la table ne pourrait partager, et qui était, respectivement, l’amour en montgolfière, l’amour dans une cave et l’amour dans les cuisines d’une pizzeria bon marché.

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